Face aux nombreux défis rencontrés par les professionnels du cinéma et de l’audiovisuel au Sénégal, un collectif vient de voir le jour pour défendre leurs intérêts. Le Collectif des Acteurs et Actrices Sénégalais de l’Audiovisuel et du Cinéma (CAASAC) ambitionne d’unifier la profession, d’assurer une meilleure reconnaissance du métier d’acteur et de garantir des droits sociaux aux artistes.
Lors d’une conférence de presse, la présidente du CAASAC, Joséphine Mboup, a souligné l’importance de structurer la profession à travers la mise en place de normes contractuelles et de barèmes de rémunération justes. Elle a insisté sur le fait que malgré l’essor remarquable des séries sénégalaises, véritables alternatives aux télénovelas, les acteurs restent souvent soumis à des contrats précaires, ne bénéficiant ni de sécurité sociale ni d’une couverture médicale.
« Les contrats sont souvent établis à l’avantage des producteurs. Il est temps que les acteurs aient des garanties contractuelles et un accès aux droits sociaux de base », a-t-elle déclaré.
Le collectif compte aussi travailler en collaboration avec les institutions nationales et les producteurs afin d’instaurer une régulation plus équitable du secteur. Il met en avant plusieurs priorités : Reconnaissance juridique du métier d’acteur avec un statut professionnel clair, Protection sociale des acteurs pour leur assurer une couverture en cas de maladie ou d’accident, Formation continue et accès aux opportunités internationales, notamment par des bourses d’études et des collaborations Nord-Sud.
Selon la présidente du CAASAC, le manque de protection des acteurs découle souvent de l’absence de cadre juridique adapté, d’une faible connaissance des droits d’auteur et d’un accès limité aux recours en cas de litige contractuel. Elle estime qu’avec une meilleure structuration du secteur, des contrats plus transparents et une grille salariale équitable, les acteurs pourront enfin bénéficier pleinement du dynamisme économique du cinéma et de l’audiovisuel sénégalais.