Le 2ᵉ sommet de l’Union Africaine de Radiodiffusion (UAR) sur les changements climatiques qui se tient à Dakar du 13 au 14 février a tenu une session marquante intitulée « Combler le gap de l’information : le rôle de la radio dans la lutte contre le changement climatique et ses conséquences sur la santé ». Cette rencontre a mis en lumière le défi majeur de la communication climatique et le rôle essentiel des radios communautaires dans la sensibilisation des populations.
Selon Dr Jeanne Sambou, l’une des intervenantes, un manque d’informations persiste au sein des communautés lorsqu’il s’agit du changement climatique et de ses conséquences. Elle souligne la difficulté de transmettre des messages adaptés à chaque région, car les réalités climatiques diffèrent d’une localité à une autre.
« On sent le manque d’informations dans nos communautés quand il s’agit de changement climatique. La population n’est pas totalement bien informée sur comment le changement climatique peut impacter. Nous, on a un problème de communication : comment se faire comprendre par nos communautés ? On n’a pas tous les mêmes problèmes si on prend le Sénégal en entier. »
Le rôle crucial de la radio dans la diffusion d’informations climatiques fiables a été largement souligné. M. Moustapha Diallo, Directeur de la Communication à l’IFRC, a insisté sur l’importance des messages d’alerte précoce, essentiels pour anticiper les catastrophes et minimiser leurs impacts.
« La radio a un rôle important à jouer en délivrant des messages d’alerte précoces. En collaboration avec les radios, nous pouvons toucher une large audience. La collaboration entre les hommes de terrain et la radio est extrêmement importante. »
Les radios communautaires, en particulier, jouent un rôle clé dans la sensibilisation des populations rurales qui sont souvent les plus exposées aux effets du changement climatique, mais aussi les moins informées.
Pour garantir une information de qualité et adaptée aux réalités locales, Pape Ngor Ndiaye, représentant de l’ANACIM, a mis en avant l’importance de la formation des professionnels de la radio aux termes et aux notions météorologiques.
« Il est primordial de former les hommes de la radio aux termes de la météo et la radio a un rôle important à jouer. À l’ANACIM, nous avons eu à former beaucoup de radios communautaires. Je peux dire que maintenant l’information passe bien. Je dirais qu’il faudra que les ressources soient renforcées pour les différents acteurs. On a besoin d’effectifs pour mieux assister les populations par rapport au changement climatique. »
Cette session a permis de souligner la nécessité d’un renforcement des capacités des radios communautaires, afin qu’elles puissent mieux relayer les informations sur le climat et ses impacts sur la santé. Le sommet de l’UAR constitue une opportunité pour mettre en place des stratégies de communication adaptées et renforcer la collaboration entre les experts du climat et les médias de proximité.
À travers une meilleure diffusion des informations climatiques, les radios peuvent permettre aux communautés de mieux se préparer aux aléas météorologiques, de réduire les risques sanitaires liés au climat et de favoriser des comportements plus résilients face aux défis environnementaux.