MALADIES RÉNALES CHEZ LES ENFANTS | LE PLAIDOYER DU PROFESSEUR YOUNOUSSA KEITA POUR UN CENTRE DE DIALYSE PÉDIATRIQUE

Le professeur Younoussa Keita, pédiatre et néphrologue pédiatrique à la faculté de médecine de l’UCAD, était l’invité de l’émission Salam Sénégal. Lors de son intervention, il a abordé les maladies rénales qui touchent les enfants et a plaidé pour la mise en place d’un centre de dialyse spécialisé pour les plus jeunes, ainsi que pour le renforcement des effectifs médicaux dans ce domaine.

Selon le professeur Keita, plusieurs facteurs sont responsables des maladies rénales chez les enfants. Parmi eux, il cite : L’automédication et l’utilisation de médicaments de la rue. Les infections aiguës : des maladies telles que les angines mal soignées et les amygdalites peuvent entraîner des complications rénales. Les maladies de la peau : en saison des pluies, les enfants exposés à des conditions sanitaires dégradées peuvent contracter des infections dermatologiques qui affectent les reins. Les infections urinaires : particulièrement fréquentes chez les jeunes filles scolarisées en raison de toilettes insalubres. L’hydratation insuffisante, qui constitue un facteur de risque important. Certaines maladies chroniques comme la tuberculose, la bilharziose, le diabète et certains cancers. La drépanocytose, qui peut provoquer des complications rénales. La prématurité et le faible poids à la naissance, qui prédisposent certains enfants à des problèmes rénaux.

Le professeur Keita recommande aux parents d’être vigilants face à certains symptômes qui peuvent indiquer une atteinte rénale chez l’enfant. Parmi eux : Une prise de poids anormale, un gonflement du visage au réveil, une augmentation anormale de la fréquence urinaire, notamment la nuit, des infections urinaires répétitives, la présence de sang dans les urines.

Selon le professeur Keita, le Sénégal compte environ 20 nouveaux cas par mois d’enfants atteints de maladies rénales. « La moitié des enfants référés souffrent d’insuffisance rénale due à un diagnostic tardif. Heureusement, la plupart des enfants ayant des reins affaiblis peuvent récupérer, mais certains n’ont d’autre choix que la dialyse. »

Cependant, le manque de personnel qualifié est un véritable obstacle à une prise en charge efficace. « Nous ne sommes que deux néphropédiatres au Sénégal. C’est une spécialité récente et, même si le ministère de la Santé et les universités font des efforts, il faut augmenter le nombre de spécialistes pour mieux faire face à la progression de ces maladies », plaide-t-il.

L’autre défi majeur demeure l’insuffisance d’équipements spécifiques. « Nous ne disposons que d’une seule machine à l’hôpital Abass Ndao pour dialyser les enfants. Cette machine est constamment sollicitée, et nous devons parfois orienter les patients vers des centres de dialyse pour adultes, qui ne sont pas adaptés à leurs besoins. »

Le professeur Keita insiste sur la nécessité d’un centre de dialyse dédié aux enfants : « Ils n’ont pas la patience des adultes pour supporter des séances de plusieurs heures. Un centre adapté leur offrirait un environnement approprié, avec des espaces aménagés et des jouets pour les aider à mieux supporter ces traitements prolongés. »